Controverses autour de la loi Climat

 

La loi Climat, adoptée en première lecture le 4 mai 2021 , a pour objectif d’intégrer l’écologie dans la vie quotidienne des français afin de répondre aux objectifs fixés lors de la COP21 qui s’est déroulée à Paris en 2015. L’objectif principal est de diminuer les émissions de carbone de 2% d’ici l’année 2050. Pour cela l’Etat Français prévoit diverses mesures concernant l’usage des énergies fossiles, l’isolation des logements, les transports, l’utilisation de matières premières, etc…

Une loi trop timide ?

Néanmoins, la loi promulguée a été source de débats car certains l’estiment trop peu ambitieuse par rapport à l’urgence de la crise environnementale actuelle . Des codes de bonnes conduites et des suggestions d’engagements volontaires peuvent traduire une attitude assez laxiste de la part de l’Etat s’ils ne sont pas complétés par des obligations de contrôles et des sanctions pour le non-respect des mesures imposées. Cela s’est traduit par le dépôt de plus de 7.000 amendements et la participation de plus de 110.000 citoyens à la dernière manifestation (voir l’article sur le site du journal impact european ou les réactions d’oxfam et greenpeace…).

De nouveaux rôles pour le CSE

Nous venons de voir l’absence d’article concernant la responsabilité des entreprises sur ces sujets climatiques. L’extension des rôles du Comité Social et Economique semble être une des principales nouveautés de la loi   pour ce qui concerne le fonctionnement des entreprises.

Les enjeux environnementaux sont ajoutés aux attributions générales des CSE des entreprises de plus de 50 salariés. Toute procédure de consultation-information concernant l’organisation, la gestion, le financement et la stratégie de l’entreprise devra prendre en compte l’impact environnemental que celle-ci représente. Bien que ces nouvelles attributions constituent un progrès, leur prise en compte réelle par le CSE reste délicate. Ceux-ci ont déjà beaucoup de mal à mobiliser les moyens nécessaires pour répondre aux exigences préalablement fixées par l’Etat.

Aujourd’hui où en sommes nous ?

Si vous êtes en train de lire ce billet, vous connaissez déjà sans doute le diagnostic RSE développé par DIAG26000, basé sur les 7 piliers de la norme ISO 26000.  L’analyse des +13.000 réponses déjà enregistrées nous fournit quelques indications sur les 4 domaines d’action de la norme couverts par la dimension environnement.

Une de ces questions porte précisément sur les actions menées par l’entreprise pour l’environnement, aussi bien pour identifier les impacts de ses activités sur le climat que la mise en place d’actions permettant de les réduire. L’analyse des réponses en fonction de la taille de l’entité, montre que ce sont plutôt les tailles intermédiaires (entre 10 et 500 salariés) qui semblent en retard. On remarque toutefois sur ce graphique que le pourcentage de réponses positives est globalement supérieur à 50%.

Une seconde question de DIAG26000 porte sur les mesures prises pour limiter les émissions  polluantes. On y retrouve les mêmes différences en fonction de la taille de l’entité que pour la question précédente, avec toutefois des écarts moins importants et un taux moyen de réponses positives supérieur, de l’ordre de 60%.

Pour la question portant sur la préservation de la biodiversité,  nous avons choisi de partager un graphique distinguant les réponses en fonction du niveau hiérarchique du participant. Comme pour les variations en fonction de la taille de l’entité, l’analyse met en évidence une différence de plus de 10% entre la perception des dirigeants et celle de cadres ou collaborateurs.

hiérarchie climat

Le CSE ok …mais qu’en est-il des collaborateurs ?

Le législateur a choisi d’impliquer le CSE comme nouvelle partie prenante dans la gestion des impacts de l’entreprise sur son environnement. La loi ne prévoit pas d’imposer de mesures concernant l’ensemble des collaborateurs comme cela est déjà le cas pour la formation ou les risques psychosociaux.

Heureusement des outils comme DIAG26000 vous permettent de lancer rapidement une cartographie participative, de recueillir l’avis d’un grand nombre de vos collaborateurs. N’hésitez pas à faire votre propre diagnostic en suivant ce lien.

Nous venons de voir dans le dernier graphique que des différences de perception importantes pouvaient être présentes et que seule une utilisation vraiment participative peut fournir une vision complète de la situation de votre entité. DIAG26000 pourrait donc être un outil bien pratique pour aider les CSE à comprendre comment la RSE est vécue dans leur organisation !

CLIMATE KIC 2017 – Hollande, Norvège, Finlande

J’ai effectué une mission en tant que coach d’un groupe d’étudiants participant à un des 8 voyages d’été de 5 semaines organisé par l’université de Copenhague et la Climate KIC. Cette dernière est l’une des communautés de savoir et d’innovation désignée par l’Institut Européen d’Innovation (EIT) comme étant le moteur de l’innovation et de la croissance européenne. Le département de la Climate KIC offre à une génération d’entrepreneurs et d’innovateurs du changement climatique, les compétences disciplinaires pour développer des approches économiques, sociales et environnementales durables dans l’objectif d’atténuer le réchauffement climatique et de s’adapter à ses effets.

La plus grande ferme verticale d’Europe à La Haye

La mission consistait à encadrer, en collaboration avec un autre coach, 40 étudiants de 19 nationalités.

Pendant les 4 premières semaines qui nous ont emmenés aux Pays-Bas (2 semaines) et en Norvège (2 semaines), les étudiants ont visité de nombreux sites innovants, assisté à des conférences, travaillé en ateliers et rencontré des créateurs d’entreprises.
En parallèle, ils ont, en équipes de 3 à 6, développé un business plan pour créer une start-up en rapport avec l’objectif prévu. Enfin en 5ème semaine, en Finlande, notre groupe en a rencontré un autre en provenance d’Italie puis des Pays-Bas pour concourir devant un jury d’experts pour les prix suivant :
– meilleur business plan
– meilleure idée
– meilleur pitch
Nous avons eu le plaisir avec mon co-coach de voir les 3 prix remportés par notre groupe !
Pour certains l’aventure ne s’arrête pas là puisque la Climate KIC possède un programme d’accélérateur de start-up qui propose un soutien financier et de compétences aux équipes les plus motivées.

Ce fut une expérience très enrichissante tant sur le plan humain que sur le plan professionnel.

Et si la France assurait son indépendance énergétique sans pétrole ni gaz de schiste ?

On le sait, la France, bien que, regroupant tous les types de paysages sur son territoire ne dispose que de peu richesses naturelles voire quasiment aucune en ce qui concerne les énergies fossiles. Il est ainsi totalement justifié de penser que nous serons dépendants encore longtemps de ce type d’importations, si lourd pour la balance du commerce extérieur. Or, il semble désormais possible que ce doux rêve d’indépendance énergétique devienne réalité. Explications.

Fruit de cinq ans de recherches communes entre Colas, leader mondial de la route, et l’Institut National de l’Energie Solaire, WattWay est un revêtement routier photovoltaïque.
Le principe est assez simple, les routes actuelles seraient revêtues de cette technologie qui ne nécessiterait pas de travaux de type « génie civil » mais viendrait s’apposer sur la route déjà existante. Wattway a bien entendu été pensé pour une adhérence parfaite entre les pneus et la route. Le résultat serait simple : 1 km de route équipée = 5000 personnes alimentées (source ADEME). Il suffirait d’équiper 13200 km de routes de ce système pour fournir l’électricité nécessaire aux 66 millions de français. Le réseau routier français représente 950 000km de route, il y a de la marge !

Ségolène Royal, lors de ses vœux au groupement des autorités responsables de transport, a annoncé que 1000km de route devrait être équipés de cette technologie dans les cinq ans.

Wattway Solar

Bien entendu ce système semble être utopiste voire irréalisable ou bien encore un gouffre financier (mauvaise qualité, casse etc.). Mais l’enjeu de ce projet est tel qu’il mérite le soutien et l’intérêt de chacun car il ne s’agit pas de rendre plus propre une énergie fossile mais bien d’utiliser 100 % d’énergie propre et renouvelable.

Je vous joins à mon article la vidéo de présentation de Colas ainsi que la partie de leur site internet dédiée à cette technologie.

Voir la vidéo                                                                                                                                         Voir le site