Les droits de l’Homme en entreprise et en politique

La Journée internationale des droits de l’Homme, célèbre le jour anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, par l’assemblée générale des Nations Unies, le 10 décembre 1948.

Ce document fondateur définit «les droits inaliénables de chaque individu en tant qu’être humain, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.»

Le thème de cette année 2020 est : Reconstruire en mieux – Défendons les droits de l’Homme

Pour alimenter notre réflexion sur ce sujet, regardons le cumul des 12000 réponses à DIAG26000. Basé sur la norme ISO 26000, cet outil vous propose un diagnostic sur les 7 questions centrales de cette norme dont la seconde a justement pour titre «les droits de l’Homme». Bien entendu les Nations Unies visent les États et leur choix de gouvernance alors que les résultats de DIAG26000 concernent les entreprises et les collectivités locales. Mais les entreprises n’ont-elles pas aussi une responsabilité dans la bataille pour le respect des Droits de L’Homme? De nombreux procès récents semblent en tout cas aller dans ce sens.

L’analyse des résultats d’ensemble montre que les Droits de L’Homme sont plutôt bien respectés dans les 12.000 entités ayant utilisé l’outil. Avec un score de 73%, cette question centrale fait partie des mieux notées parmi les 7 axes de la norme ISO26000. La Gouvernance n’est notée qu’ à 63% et l’environnement 62%.

Sur ce graphique cumulant l’ensemble des réponses, les moyennes sont toutes supérieures à 50%, score à partir duquel on peut considérer qu’elles sont positives. Cela n’est hélas pas toujours le cas lorsque l’on s’intéresse aux résultats d’une entité en particulier. Vous aussi vous pouvez faire votre diagnostic : en suivant ce lien.

Si la moyenne d’ensemble sur la dimension Droits de l’Homme est de 73%, des différences importantes apparaissent lorsque l’on détaille les résultats par domaine d’actions de la norme ISO 26000.

Sur les 3 premières lignes du graphique, les résultats sont très clairement positifs avec plus de 50% d’avis très positifs en vert clair. Mais, même en France, puisque la très grande majorité des réponses proviennent de notre hexagone, il reste environ 10% d’avis négatifs sur le respect des droits économiques, sociaux et culturels, le droit du travail ou les droits civils et politiques.

Le bas du tableau est plus critique avec presque un tiers d’avis négatifs sur le point concernant la prévention de la complicité «L’entité identifie les différents types de complicités (active et passive) impliquant les parties prenantes. Elle s’organise pour les prévenir»

L’article 24

Après avoir parcouru ces résultats concernant les entités (entreprises, collectivités locales, association….) il est tentant de faire la comparaison avec ce qui se passe au niveau des états.

En France, la prolongation de l’état d’urgence est source de nombreux débats. Selon les trois rapporteurs du conseil des droits de l’homme de l’ONU cette prolongation pourrait entrainer «des atteintes importantes aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales, notamment le droit à la vie privée, le droit à la liberté d’expression et d’opinion, et le droit à la liberté d’association et de réunion pacifique ».

La France serait donc en contradiction avec la DDH, la liberté d’informer ce droit démocratique serait donc menacée ?

En particulier, l’article 24 de la loi dite «sécurité globale» provoque de sérieuses crispations. Selon un sondage IFOP, sur 982 personnes consultées à ce sujet, 58% sont d’accord avec le principe de cet article car selon eux la diffusion d’images des visages des policiers mettrait en danger les forces de l’ordre. Mais ce pourcentage d’accord varie fortement, de 30% à 74%, en fonction des opinions politiques du répondant. Nous sommes donc loin des chiffres en entreprises: sur les trois premières barres du graphique présenté plus haut, les réponses positives sont de l’ordre de 90% !

La complicité et les parties prenantes

Nous avons vu  que le point le plus mal noté dans les réponses DIAG26000 concerne la complicité, avec une question formulée ainsi «L’entité identifie les différents types de complicités (active et passive) impliquant les parties prenantes. Elle s’organise pour les prévenir»

Les procès en cours, concernant des personnes ayant exercé les plus hautes responsabilités au niveau de l’état français, montrent bien que l’état semble loin d’être exemplaire sur ce sujet. Notons au passage que ces procès entachent aussi souvent la réputation de grands groupes industriels.

Les pays et les religions

La première ligne du tableau DIAG26000 présente le plus faible pourcentage de réponses négatives (9%) sur cette question «L’entité respecte les droits économiques, sociaux et culturels (éducation, travail, liberté d’association, religion, niveau de vie, protection sociale…)»

Même si la Chine fait partie des pays ayant signé la norme ISO26000, le comportement de Pékin vis à vis de la population Ouïghours montre bien que la religion reste malheureusement toujours une cause et un motif de violence.