Allons-nous vers un désinvestissement massif des énergies fossiles ?

Un chiffre apparu lors de la COP21 est largement passé à travers les lignes des reporters, pourtant si nombreux, à couvrir l’événement . Ce chiffre n’est ni vide de sens ni inintéressant, loin de là ! Mais un chiffre parmi tant d’autres, un chiffre parmi tant de déclarations, un chiffre parmi tant d’anecdotes, ne reste qu’un chiffre. Peu importe sa signification et son éventuelle portée celui-ci ne faisant visiblement pas assez recette.

Pourtant 500 institutions de tous les secteurs confondus (banques, entreprises, collectivités, universités, fondations, associations et même églises, c’est dire!) ont annoncé rejoindre la campagne initiée par 350.org et Divest-Invest. Ce mouvement vise le désinvestissement des combustibles fossiles. Concrètement, ces 500 institutions, pesant tout de même 3 400 milliards de dollars d’actifs (un nouveau chiffre!), s’engagent à retirer l’argent investi dans les énergies fossiles.

Nous pouvons d’autant plus croire en la réussite de ce mouvement, que ce dernier n’a émergé concrètement qu’en 2012 avec l’implication dans ce programme de la ville de Seattle. J’imagine votre question : “et que font les institutions françaises ? “ .

Et non, les français n’ont pas totalement ratés le train, pas toujours voyons ! En effet, 19 villes dont Lille, Bordeaux, Dijon, Saint-Denis et Rennes, parmi les plus connues, ont rejoint le mouvement.

A quand un projet de loi sur les énergies fossiles ? Je vous rassure (et là je vous l’accorde, c’est assez surprenant) un projet de loi semble être prochainement d’actualité.

Le CercleRSE d’Orange

Vendredi 15 janvier 2016, Orange organisait une matinée #CercleRSE pour faire le point quelques semaines après la fin de la COP21. Toujours un risque dans ce genre de manifestations organisée par un grand groupe : entendre uniquement des responsables de l’entreprise en vanter les vertus. Vendredi les représentants d’Orange Business Service étaient nombreux, certes, mais entourés de personnalités extérieures tout aussi impliquées dans la RSE.

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Après l’ouverture par Patricia WALDRON-WERNER, Christine ALBANEL rappelle que la COP21 a connu un vrai « momentum » avec pour la première fois l’implication de grands groupes dans les négociations permettant de faire avancer la lutte contre le changement climatique. Pour Orange, cela veut dire se battre pour faire baisser la signature CO2, mais aussi agir sur l’écosystème des téléphones portables (recyclage, SIM only…) et l’écoconception y compris dans les services (analyse de la signature CO2 potentielle de chaque ligne de codes, optimisation des antennes relais pour réduire la puissance nécessaire…).

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Gilles VERMOT-DESROCHES vient présenter un autre groupe investi depuis longtemps dans le DD et la RSE : SCHNEIDER-ELECTRIC. Son entreprise a profité de la COP21 pour afficher son engagement à atteindre une neutralité carbone en 2030. Le groupe dispose déjà d’un baromètre interne DD-RSE dont les résultats interviennent pour 30% dans le calcul de l’intéressement collectif. Pourtant le plus dur reste de convaincre les collaborateurs de s’investir personnellement. Note perso : et si les outils participatifs comme Diag26000 faisait partie des solutions pour relancer la motivation des collaborateurs ? Coup de pique aussi contre les discours assurant que tout le monde sera gagnant dans l’évolution vers des économies moins carbonées « Le monde des bisounours c’est terminé ! Pour atteindre les objectifs de la COP21, il y aura des perdants ».

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Philippe TUZZOLINO est à la fois le Directeur Environnement du groupe Orange et son représentant au sein de l’Union Internationale des Télécommunications. Il confirme que la participation des entreprises a changé la dynamique pour cette 21ième COP : les entreprises étaient à proximité, dans la zone bleue. Il précise aussi que la méthode de négociation a été construite à partir des besoins et pas à priori . On évoque aussi le fameux « shall » or « should » sur lequel bloquaient les américains et de l’astuce qui a considéré à dénoncer cela comme une faute de frappe pour éviter de tout devoir renégocier au dernier moment.

Avec Thierry BONHOMME on parle de partenariat avec la Chine, décidément partenaire incontournable pour les grands groupes occidentaux : Orange a signé un MOU avec Huawei pour faire de la recherche sur des éléments de réseaux de télécommunications capables d’adapter leur puissance et donc leur consommation au débit du réseau. La prise en compte des principes du développement durable dans le smartmetering aussi : les compteurs intelligents permettent de limiter les fuites d’eaux et les déplacements des techniciens, certes, mais il faut aussi les concevoir pour éviter de devoir changer trop souvent les batteries ou les cartes SIM qui leur permettent de communiquer.

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Valérie DAVID, responsable DD du groupe Eiffage nous vante l’originalité du nouvel Institut de la Ville Durable : casser les silos, faire travailler ensemble les fonctionnaires de différentes structures, faire le lien entre les services publics et les entreprises…Smartseille est un premier laboratoire du savoir faire français en matière de ville durable, avec 30 partenaires impliqués. Le groupe Eiffage travaille aussi sur des démonstrateurs de villes durables à l’étranger : une technologie basée sur un moteur de jeux vidéos permet de numériser l’ensemble d’une ville et de montrer les nombreuses possibilités des services numériques aux décideurs du Kahzastan et du Pérou. En Chine, plusieurs « villes éponges » travaillent sur la récupération des eaux de pluie avec comme objectif de les utiliser pour couvrir 60% de leur besoin en eau.

On parle aussi de #DigiCopLife, de la façon dont Orange s’organise pour avoir un délai de mise sur le marché de seulement 6 mois pour de nouvelles idées glanées aux 4 coins du monde, de #cleantechopen avec Ecosys, de la cité des objets connectés avec Eolane…

Foison d’idées donc autour du DD et de la RSE dans les domaines du numérique et des télécommunications. Beaucoup d’idées et de projets ! A tel point que l’on peut se demander comment les dirigeants du groupe Orange s’y prennent pour assurer la cohérence d’ensemble. Peut être utilisent-ils de belles cartes d’idées pour mieux naviguer dans cette complexité ?