Sélectionner des thématiques RSE qui restent confortables pour l’entreprise

  • L’entreprise peut intervenir dans la limite de ses ressources, qu’elles soient technologiques ou économiques. Mais surtout la valeur ajoutée se crée des 2 côtés en se posant quelques questions :

    • Quel est l’impact social, économique de cette action ?
    • Y a-t-il une innovation sociale ou environnementale ?  
    • Quels sont les bénéfices pour les processus de l’entreprise ?
    • Peux-t-on communiquer dessus?
  • Ces questions sont posées en référence avec les activités de l’entreprise. Elles sont différentes pour une multinationale ou pour une entreprise locale. Par ex.  une entreprise qui investit des capitaux dans d’autres entreprises en Inde et en Afrique:

    1) Elle définit une stratégie d’intervention RSE basée sur ses différents territoires géographiques . Dans chaque pays une  problématique  adaptée peut-être choisie. Cela peut aller de l’environnement et la désertification dans certains pays d’Afrique à l’amélioration des conditions de vie des femmes et des enfants en Inde. 

  • stethoscope-147700__1802 ) Ou bien, l’entreprise internationale préfère s’investir sur un sujet global et mondial comme le sida , ce qui peut avoir des effets sur les relations avec les institutions locales ( ministre de la santé), certaines ONG ou la main d’œuvre (mise en oeuvre de contrôle Sida ou de visite médicale), comme sur l’amélioration des conditions de vie des pays les plus touchés, pays dans lesquels l’entreprise produit.

 

Au niveau local c’est la même chose en privilégiant des sujets, des entités ou clubs sportifs locaux…etc.

Un outil pour une meilleure gouvernance

Un outil pour  aider un conseil d’administration à mieux gérer son mode de gouvernance: DIAG26000 propose des questions basées sur les 7 questions principales de l’ISO 26000, la gouvernance est une de ces questions principales.

Dans DIAG26000, 8 questions de gouvernance sont proposées et touchent les valeurs, la stratégie RSE au sein de la stratégie générale de l’entreprise. Mais aussi la communication qui est faite « Top-down » et l ‘amélioration continue avec la mise en oeuvre et le suivi des indicateurs dans les différentes thématiques. Ci-dessous j’ai choisi de présenter 2 exemples qui touchent la cartographie des parties prenantes et la conformité réglementaire: ce sont 2 sujets qui ont été renforcés lors de la publication de l’ISO26000 fin 2010.

(1) Dans le cadre du développement d’un management de  responsabilité sociétale (CSR, RSE/RSO), une des premières actions à réaliser est l’identification des parties prenantes  (leur cartographie) . Cette identification s’accompagne de questions telles que : quelles sont mes relations avec ces parties prenantes? comment communiquons -nous en externe/ interne? Que pouvons-nous améliorer de nos relations? Certaines de ses questions sont simples, d’autres demandent beaucoup d’efforts et notamment quand les échanges ne sont pas très bons ou inexistants, en cas de conflit. En général  le recours à un expert externe RSE aide à construire une bonne relation ou à mettre en place de bonnes pratiques. Il agit comme un médiateur mais connait les enjeux du Développement Durable. 

(2) En plus de 150 pages, la norme internationale ISO 26000 propose de nombreuses références  de textes réglementaires comme de bonnes pratiques internationales. L’organisation doit veiller à connaitre les réglementations qui concernent ses activités, et à les suivre. Souvent la conformité réglementaire est suivie en interne par un service (directeur de la Qualité ou des systèmes de management QSE… ) avec des missions ou des inputs venant d’un cabinet de consultants ou d’avocats. En pratique, un consultant externe qui connait bien la légalisation nationale ou régionale (très important dans certains pays comme en France car nombreux textes ou comme en Chine car nombreux textes locaux et régionaux) sera plus efficace pour construire un outil de suivi de conformité. De nombreuses organisations oublient souvent les autres conventions ou chartes auxquelles elles adhérent qui doivent figurées dans leur liste et  être intégrées dans le suivi de la conformité réglementaire.

Beaucoup d’autres aspects de la stratégie et de la gouvernance RSE peuvent être illustrés, et  je tenterai de les développer dans de futurs articles.

Pour d’autres informations ou questions spécifiques n’hésitez à m’écrire directement. ou à suivre ce blog DIAG26000 ou mon blog wecompanysocial 

 A bientôt

Fraude aux diplômes : s’inspirer de Diag26000 ?

A l’occasion du salon mondial de l’école numérique à Londres, la ministre de l’Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem a annoncé un nouveau dispositif permettant de lutter contre la fraude aux faux diplômes. Une initiative louable favorisant l’éthique et le numérique, deux éléments fondamentaux de l’ADN de l’association Diag26000. Si profondément que nous déjà avons adopté une solution similaire couplée avec l’utilisation astucieuse d’une image QRCODE.

A la demande de plusieurs enseignants utilisant Diag26000 dans un but pédagogique, nous avons mis en place un dispositif leur permettant d’ouvrir un back-office à chaque élève participant au projet scolaire. Sur ce back-office l’élève voit l’ensemble de ses activités liées à Diag26000. A la fin du cours, du module ou de l’année, son professeur lui décernera une attestation d’utilisation reprenant le nom de l’élève et de son professeur ainsi que le libellé de la formation concernée.

Cette attestation est également téléchargeable sur l’interface élève ce qui pourrait être assimilable à la plate-forme évoquée par la ministre.

Ce qui diverge entre le futur système national et celui que nous avons mis en place est que sur chacune des attestations Diag26000 figure un QRCode personnalisé renvoyant sur le site internet de notre association. Une simple application suffit ainsi pour vérifier la validité ou non de cette attestation. Un système efficace qui évite de devoir saisir des liens trop complexes.

Si vous souhaitez voir une démonstration concrète, cliquez ici pour télécharger un exemple d’attestation et scannez le QRCODE pour vérifier sa véracité.

Voir l’attestation : exemple attestation

Exemple d’application gratuite pour la lecture du QRCode : QRCode Reader ; QRCode Lecteur

Etude sur les émissions de Dioxyde de carbone par pays depuis 1971

Le World Ressource Institute et l’Agence Internationale de l’Energie ont regroupé leurs données respectives afin de fournir une cartographie des émissions de CO2 depuis 1971.

Sans surprise, la Chine est le plus gros pollueur juste devant les Etats-Unis quelques 3 Mégatonnes derrière.

 

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Voici le lien vers le site pour de plus amples informations : Voir l’étude complète

Le CercleRSE d’Orange

Vendredi 15 janvier 2016, Orange organisait une matinée #CercleRSE pour faire le point quelques semaines après la fin de la COP21. Toujours un risque dans ce genre de manifestations organisée par un grand groupe : entendre uniquement des responsables de l’entreprise en vanter les vertus. Vendredi les représentants d’Orange Business Service étaient nombreux, certes, mais entourés de personnalités extérieures tout aussi impliquées dans la RSE.

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Après l’ouverture par Patricia WALDRON-WERNER, Christine ALBANEL rappelle que la COP21 a connu un vrai « momentum » avec pour la première fois l’implication de grands groupes dans les négociations permettant de faire avancer la lutte contre le changement climatique. Pour Orange, cela veut dire se battre pour faire baisser la signature CO2, mais aussi agir sur l’écosystème des téléphones portables (recyclage, SIM only…) et l’écoconception y compris dans les services (analyse de la signature CO2 potentielle de chaque ligne de codes, optimisation des antennes relais pour réduire la puissance nécessaire…).

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Gilles VERMOT-DESROCHES vient présenter un autre groupe investi depuis longtemps dans le DD et la RSE : SCHNEIDER-ELECTRIC. Son entreprise a profité de la COP21 pour afficher son engagement à atteindre une neutralité carbone en 2030. Le groupe dispose déjà d’un baromètre interne DD-RSE dont les résultats interviennent pour 30% dans le calcul de l’intéressement collectif. Pourtant le plus dur reste de convaincre les collaborateurs de s’investir personnellement. Note perso : et si les outils participatifs comme Diag26000 faisait partie des solutions pour relancer la motivation des collaborateurs ? Coup de pique aussi contre les discours assurant que tout le monde sera gagnant dans l’évolution vers des économies moins carbonées « Le monde des bisounours c’est terminé ! Pour atteindre les objectifs de la COP21, il y aura des perdants ».

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Philippe TUZZOLINO est à la fois le Directeur Environnement du groupe Orange et son représentant au sein de l’Union Internationale des Télécommunications. Il confirme que la participation des entreprises a changé la dynamique pour cette 21ième COP : les entreprises étaient à proximité, dans la zone bleue. Il précise aussi que la méthode de négociation a été construite à partir des besoins et pas à priori . On évoque aussi le fameux « shall » or « should » sur lequel bloquaient les américains et de l’astuce qui a considéré à dénoncer cela comme une faute de frappe pour éviter de tout devoir renégocier au dernier moment.

Avec Thierry BONHOMME on parle de partenariat avec la Chine, décidément partenaire incontournable pour les grands groupes occidentaux : Orange a signé un MOU avec Huawei pour faire de la recherche sur des éléments de réseaux de télécommunications capables d’adapter leur puissance et donc leur consommation au débit du réseau. La prise en compte des principes du développement durable dans le smartmetering aussi : les compteurs intelligents permettent de limiter les fuites d’eaux et les déplacements des techniciens, certes, mais il faut aussi les concevoir pour éviter de devoir changer trop souvent les batteries ou les cartes SIM qui leur permettent de communiquer.

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Valérie DAVID, responsable DD du groupe Eiffage nous vante l’originalité du nouvel Institut de la Ville Durable : casser les silos, faire travailler ensemble les fonctionnaires de différentes structures, faire le lien entre les services publics et les entreprises…Smartseille est un premier laboratoire du savoir faire français en matière de ville durable, avec 30 partenaires impliqués. Le groupe Eiffage travaille aussi sur des démonstrateurs de villes durables à l’étranger : une technologie basée sur un moteur de jeux vidéos permet de numériser l’ensemble d’une ville et de montrer les nombreuses possibilités des services numériques aux décideurs du Kahzastan et du Pérou. En Chine, plusieurs « villes éponges » travaillent sur la récupération des eaux de pluie avec comme objectif de les utiliser pour couvrir 60% de leur besoin en eau.

On parle aussi de #DigiCopLife, de la façon dont Orange s’organise pour avoir un délai de mise sur le marché de seulement 6 mois pour de nouvelles idées glanées aux 4 coins du monde, de #cleantechopen avec Ecosys, de la cité des objets connectés avec Eolane…

Foison d’idées donc autour du DD et de la RSE dans les domaines du numérique et des télécommunications. Beaucoup d’idées et de projets ! A tel point que l’on peut se demander comment les dirigeants du groupe Orange s’y prennent pour assurer la cohérence d’ensemble. Peut être utilisent-ils de belles cartes d’idées pour mieux naviguer dans cette complexité ?

« L’entreprise ne vit pas sur une île déserte »

Ce titre vient de l’ISO 26000, guide pour la responsabilité sociétale, publié en novembre 2010. Cela signifie que le manager ou le responsable RSE doit identifier des points de contact entre votre entreprise et la Société  mais doit rendre compte de ses activités à des parties prenantes qu’interagissent avec elle. Pour cela le responsable RSE détermine une cartographie de ces parties prenantes en se posant les question suivantes:

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1) « Comment mes activités affectent la Société, mon Environnement ? » Par exemple est-ce que tous mes postes de travail possèdent un risque acceptable ? N’y a-t-il pas de discriminations entre les salariés ? Quels sont les dangers d’utilisation de mes produits  chimiques?

2) « Comment la Société peut affecter ma compétitivité ? » Cela concerne des sujets comme la protection de la propriété intellectuelle, le management des talents et le développement de compétences de mes équipes, ou bien les relations avec mes concurrents, mes investisseurs externes. 

Tous ces thématiques se retrouvent traitées dans DIAG 26000 et son questionnaire. Une fois complété le manager ou le responsable RSE aura la perception des salariés sur les actions engagées et communiquées.

Avec le diagnostic DIAG26000 les thématiques sont présentées sur 7 niveaux.

Et si nous faisions de 2016 l’année de la RSO ?

L’année 2015 fut année particulièrement riche en ce qui concerne la RSO au sens large. Des tendances ont été confirmées et d’autres ont émergé. Le point d’orgue de cette année fut bien évidemment la COP21 du mois de décembre. Nous vous proposons ici un bilan de ce qui m’a marqué en 2015, en espérant que 2016 viendra confirmer certaines tendances et infirmer certaines autres.

1 – Le climat

On pourrait penser que le climat a été la priorité de l’année pour les entreprises. Or, selon Squaremetric 72 % des entreprises ne considèrent pas l’adaptation au climat comme nécessaire. Une donnée pour le moins surprenante alors même que 48 % des entreprises constatent des effets du changement climatique sur leurs activités. C’est donc seulement 28 % des entreprises sondées qui déclarent que s’adapter au climat est nécessaire.

En revanche, elles sont 58 % à avoir modifié leurs produits et/ou services pour en limiter l’impact sur l’environnement. Bien entendu, la COP21 nous aura permis d’entendre de beaux discours et de découvrir de belles innovations mais attendons de voir. Les grandes groupes peuvent jouer un rôle de moteur et tirer tout le monde vers le haut pour transformer N+1 en une « réussite climatique ».

 

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Source

 

2- La communication

Sur ce point là, la tendance est claire : les entreprises veulent communiquer sur leurs actions RSO en sortant du greenwashing. Elles souhaitent capitaliser sur leur politique RSE mais la difficulté du calcul du ROI (voir l’article consacré) freine très certainement cet élan.

Aussi bien sur des actions purement internes comme le bien-être au travail, la diversité au travail ou bien encore le management participatif que sur des actions externes comme la participation au développement économique et social local, une prise en compte globale des enjeux sociétaux est en marche. Une communication responsable, ce que maîtrise de mieux en mieux les entreprises, émerge pour mettre en avant ces actions sociétales.

Les labels et autres distinctions RSO se sont multipliés ces dernières années. Il existe « de tout pour tout le monde » autodéclaratif/participatif, porté par de grandes organisations ou de plus petites, chères ou chères ; à vous de faire votre choix (voir l’article consacré aux distinctions RSO) ! L’émergence de Bcorp, en France, n’aura échappé à personne cette année.

3 – La démocratisation de la RSE dans l’entreprise

En 2014, 50 % des entreprises rattachaient la RSE à la direction ou à la présidence de leur société contre 41 % en 2015. Alors verre à moitié vide ou à moitié plein ?

Je préfére percevoir cela comme une donnée positive signe d’une irrigation des principes sociétaux tout au long de la chaîne de valeur d’une société. En effet, au lieu de « piloter » et penser stratégiquement lors des réunions de la direction ou de la présidence, les actions RSE ne sont plus uniquement stratégiques mais deviennent aussi opérationnelles. Ainsi chaque partie prenante prend part aux actions RSE, parfois même inconsciemment, au sein de l’entreprise. Pour vous donner un seul exemple pour illustrer mes propos, je vous conseille de vous intéresser au modèle de le Camif.

 

L’année 2016 sera certainement une année de transition entre sortir du greenwashing pour les uns et être toujours plus innovant pour les autres. Une chose est sûre, la RSO commence à irriguer l’ensemble des services d’une entité et de plus en plus de collaborateurs sont sensibilisés aux problématiques DD. Il est tout de même dommage voire même dommageable pour les organisations de constater que la majorité des démarches visant à obtenir une distinction RSE n’engage pas l’entité entière mais seulement quelques personnes malgré les appels du pied répétés des salariés.

 

Source

De l’argent et de la méthode

OPCALIA propose sur son site une infographie résumant les résultats de l’enquête sur la RSE, réalisée auprès de 500 PMEs en partenariat avec le label LUCIE. Quelques interrogations et remarques personnelles en parcourant ces chiffres :
– 80 % des participants pensent que le dirigeant doit porter la politique RSE. C’est beaucoup, certes, mais que pensent les 20% restant ? Que la RSE doit être laissée de côté ? Ou que ce n’est pas aux dirigeants de s’en préoccuper ?
– 67% considèrent que la RSE peut être une opportunité pour réorganiser le travail. Oui ! Ils ont bien raison ! Retrouvons donc les bons vieux réflexes des démarches Qualité Totale des années 1980 : la plupart des groupes de travail débouchaient sur de la remise en cause des processus, des façons de travailler… La motivation remontait, les économies réalisées et les gains de productivité enclenchaient une spirale pleine d’aspects positifs !

Regardons aussi les 2 chiffres les plus élevés de cette synthèse
– 82% des participants souhaitent un accompagnement méthodologique. Cela tombe bien,  c’est  justement le rôle du réseau des adhérents Diag26000.
– 90% auraient besoin d’une aide financière. Pas gagné dans la conjoncture actuelle me semble-t-il. Par contre des solutions sont disponibles pour démarrer gratuitement, par exemple la grille diag26000 à titre individuel, ou avec des coûts raisonnables : la preuve d’engagement RSE proposée par Diag26000 ne coûte que 500 euros. Le levier le plus efficace reste sans doute la performance économique de l’entreprise, donc considérer la RSE comme un véritable investissement. Mais les participants ne sont plus que 35% à associer ces 2 notions.

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Des échanges à l’image de Diag26000 : Interactif

Les échanges réservés aux futurs adhérents (consultants RSE) sont toujours en cours, l’association Diag26000 se tourne également vers vous Dirigeant ou Responsable RSE. En effet, que vous travailliez dans une collectivité territoriale, une association, une entreprise, une ONG, une fondation, une institution publique, la preuve d’engagement portée par Diag26000 est faite pour vous.

Pour mieux comprendre ce qui se cache derrière les termes « preuve d’engagement », « démarche participative », « diagnostic  interactif », « réunion de restitution » nous avons décidé de mettre en place plusieurs Webinar avec notre partenaire Webikeo. Participez pour découvrir comment améliorer vos démarches RSO en intégrant vos salariés et ce, à moindre coût!

Evaluer le ROI de ma démarche RSO

En cette période d’épiphanie, nous vous proposons un article destiné à vous aider dans le calcul du ROI (return on investment) de votre politique RSO. Chaque année de plus en plus d’organisations intègrent la RSE à leurs stratégies et pour celles dans lesquelles c’est déjà le cas, des actions sociétales innovantes sont menées. Toutefois d’après le baromètre des enjeux RSE 2015*, 44 % des entreprises déclarent que le manque de visibilité sur le ROI est un véritable frein à de nouvelles actions. Ce chiffre grimpe jusqu’à 68 % lorsque l’on s’intéresse aux grands groupes.
Pour lever ces interrogations, toutes légitimes, nous allons donc tenter de savoir s’il possible de « compter », « calculer » voire même « comptabiliser » les flux générés par les politiques RSE ? Nous appellerons ces flux « les flux sociétaux ».
Pour ce faire, nous allons disséquer quels sont ces freins et tenter de vous apporter des éléments de réflexion  sur le  calcul de votre ROI.

 

  1. La barrière du qualitatif à quantifier

Au-delà du manque de visibilité du retour sur investissement, d’autres problèmes de ressources viennent s’ajouter. Un article dédié concernant ces problématiques a été publié (voir l’article). En effet, toujours selon la même source, 41 % des entreprises interrogées déclarent que leurs actions RSE sont limitées par les ressources financières et à 37 % par le manque de ressources humaines. Viennent ensuite parmi les principaux freins, l’absence d’indicateurs chiffrés (42%), l’impossibilité de calculer le chiffre d’affaires engendrés par telle ou telle opération à caractère sociétal pour 36 % et l’absence de visibilité RSE dans les documents financiers de l’entreprise pour 30 %.
Si l’on reprend alors l’ensemble des freins soulignés, on peut considérer, à titre subjectif, que seul le problème de ressources humaines est une donnée que l’on ne pourrait qualifier de « financière ».
Il convient alors de faire le distinguo entre deux types d’indicateurs : les financiers et les extra-financiers. En effet, réaliser un bilan carbone de son entreprise permet de mesurer l’efficacité d’une action sur ce domaine là tout comme celles visant à réduire la quantité d’énergie ou de matière première consommée. Des indicateurs fiables de suivi très simple à mettre en place et peuvent alors être utilisés.
Le problème ne portent donc pas sur les indicateurs quantitatifs qui ne sont, certes, pas transposables comptablement parlant mais que l’on peut retrouver dans les comptes de l’entreprise (quantité de matière première achetée d’une année sur l’autre, d’énergie etc.).
Il apparaît donc que le problème n’émane des actions dites quantitatives mais plus des actions qualitatives (amélioration des conditions de travail, partenariat avec une association etc.). Ce sont précisément ces actions dont les résultats, selon les entreprises interrogées, doivent faire l’objet d’un traitement et d’une analyse comptable. Elles puiseraient donc leur pérennité et leur légitimité dans ses résultats. Or, il est évident que la comptabilité générale actuelle ne permet pas de comptabiliser ces flux sociétaux. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’ils ne peuvent pas faire l’objet d’un traitement extra-comptable monétairement quantifiable.

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2. Sortir du dogme de la comptabilité générale

D’après Jean-Claude Dupuis, professeur à l’Institut de Gestion Sociale, les grandes entreprises disposent des compétences nécessaires pour mesurer tous les flux sociétaux notamment en contrôle de gestion. Par conséquent tout une chaîne de valeur extra-comptable pourrait venir appuyer l’efficacité ou non de chaque action au caractère sociétal.
Or, selon Philippe Cornet, consultant RSE, les différentes initiatives entrant dans le cadre de la politique RSE revêtent bien souvent des caractères et donc des objectifs différents : stratégiques, opérationnelles ou philanthropiques. Ma logique me pousserait dont à dire que si l’on devait évaluer chaque action, un de ces trois caractères lui devraient être donné et en fonction fixer le retour sur investissement attendu. Obtenir un ROI financier pour une action philanthropique semble déplacé pourtant la majeure partie des actions RSE des banques et assurances portent sur des actions philanthropiques prouvant ainsi que ces actions ne sont pas vide de sens.
Un raisonnement similaire pourrait être porté sur les actions menées ayant un caractère stratégique. Stratégie signifie bien souvent long terme, or la comptabilité est par définition la représentation de la situation financière d’une organisation à un moment donné. Il donc impossible de transposer les principes de comptabilité générale aux actions RSE sans suivi régulier et long-termiste de certaines données.
En ce qui concerne les opérations à caractère opérationnel, il est possible de calculer grossièrement leurs flux financiers à condition de définir préalablement les indicateurs de suivi. Là encore la comptabilité de gestion peut jouer son rôle.
La clef de voûte d’une traduction plus ou moins comptable passe donc par la définition d’indicateurs de suivi. Philippe Cornet et Sofiann Yousfi-Monod, responsable RSE chez D2SI, indiquent que, dans l’idéal, huit à douze indicateurs peuvent être utilisés. Un maillage entre indicateurs financiers (chiffre d’affaires, productivité des capitaux etc.) et extra-financier (taux d’absentéisme, nombre et durée respective d’arrêt maladies etc.) doit être utilisé. Une fois les indicateurs définis ils doivent faire l’objet d’un suivi et d’une « analyse scrupuleuse des causes du niveau des indicateurs qu’à une traduction financière des retombées » financières.
Une autre méthode liant analyse quantitative et qualitative est possible mais plus complexe à mettre en place pour une entreprise seule. Le cabinet Goodwill propose à ses clients de « répertorier les actions initiées dans le cadre de la RSE, le coût associé à chacune d’entre elles, et l’ensemble des impacts de toutes ces actions, qu’il s’agisse de conséquences internes à l’entreprise, d’effets sur les partenaires ou de répercussions sur la société civile ». Un travail donc de longue haleine et de spécialistes mais d’une pertinence certaine. D’après Patrick Bourdil, directeur de mission au sein de ce même cabinet, « dans la quasi-totalité, des cas la RSE est rentable pour l’entreprise ».

 
D’après le baromètre, seulement 5 % des entreprises déclarent évaluer l’impact de leurs actions sociétales. Des solutions viables sont possible à mettre en œuvre si bien en interne qu’en externe à condition de sortir de votre « bulle de confort comptable ». Néanmoins, des initiatives émergent. A la suite d’une conférence sur la comptabilité environnementale et le reporting intégré (voir l’article consacré) nous avions identifié plusieurs tendances : certaines PME et les agriculteurs BIO ont une longueur en matière de comptabilité « non classiques » ; d’autres modèles que la comptabilité générale existe (CARE, la comptabilité universelle etc.) ; des réflexions sont actuellement menées sur une nouvelle comptabilité ou les flux ne seraient pas seulement monétaires.

 
*Etude réalisée par le cabinet de conseil et d’audit BDO en partenariat avec Malakoff Mederic, fait un focus sur le retour sur investissement des politiques RSO ( Voir le baromètre complet)

Source : Entreprises et carrières ; Les Echos